Bonjour de Guyane d’un volmerangeois

jeudi 23 août 2012

Chose promise chose due, je vous envoie un grand bonjour du fin fond de la forêt guyanaise. 5 heures de décalage horaire nous séparent, assez faciles à récupérer quand on arrive mais plus difficile au retour.

La Lorraine n’a rien à envier au climat local. Ici on ne parle pas de chaleur, mais de moiteur. Quel que soit le temps vous êtes trempés ; ou par la pluie, ou par la sueur. Et sous la canopée (intérieure de la forêt équatoriale), même quand l’averse s’est arrêtée il continue de pleuvoir pendant des heures. La densité de la flore accumule une telle quantité d’eau que ça ne sèche jamais. 30 secondes avant l’arrivée de la pluie vous êtes avertis par un vent soudain. Plus ça souffle fort et plus vous devez vous attendre à une pluie battante. Nous sommes arrivés au début de la saison sèche, mais je dois avouer que pour l’instant elle porte mal son nom. Même les autochtones semblent déboussolés par ce climat exceptionnellement humide. L’été n’est pas pourri que chez nous !!!

En parlant des habitants, on rencontre ici plusieurs origines. Les amérindiens, les guyanais d’origine et venus en voisin pour trouver du travail, les surinamais et les brésiliens. Les langues parlées sont ainsi multiples et variées et le contact parfois difficile à établir. En forêt la vie est très rude, ainsi l’entre-aide est une règle, la débrouillardise une obligation et la parole donnée vaut une signature au bas d’une facture lorsqu’une commande est passée.

Le tour de Guyane cycliste vient de s’achever. Constitué de 4 étapes et empruntant les deux routes principales du département. Pour le reste il faudrait un VTT... Il y a la route du littoral et celle qui s’enfonce de la préfecture, Cayenne, jusqu’à Saint-Georges de l’Oyapoque au coeur du parc national amazonien. L’Oyapoque est le grand fleuve qui sépare le département au Brésil. C’est la frontière Ouest ; celle de l’Est avec le Surinam est constituée par le Maroni, autre fleuve très large. La navigation sur ces fleuves est très importante, c’est le moyen d’alimenter les villages les plus reculés. Ce sont les autoroutes locales et les pirogues des poids lourds. Certaines peuvent charger jusqu’à 10 tonnes de provisions diverses. Mais ces fleuves ne sont pas aménagés : pas d’écluses ou autres ouvrages pour faciliter la navigation. Les piroguiers sont des gens d’expérience qui savent franchir les rapides (ce qu’ici on appelle des "sauts") et utiliser les marées et les courants. On ne s’improvise pas piroguier, les fleuves sont dangereux.

Autant dire que le dépaysement est total, mais je reverrais la Lorraine avec beaucoup de plaisir d’ici quelques semaines.

Amicalement.

Un concitoyen voyageur


Volmerange en images


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